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La CENI propose des réformes pour économiser plus de 20 milliards

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a eu un entretien avec la conférence épiscopale Burkina-Niger, ce lundi 6 février 2017. Cette rencontre visait pour la CENI à soumettre à la conférence épiscopale sa vision de sa mission, et demander des bénédictions pour les défis auxquels l’institution fera face tout au long du cycle électoral 2016-2021.

Au cours du cycle électoral 2016-2021, la CENI a comme défis majeurs la reprise des élections municipales dans certaines communes, la participation des Burkinabè de l’étranger aux consultations électorales à venir, la révision du fichier électoral et la question des ressources financières. Face à ces défis, l’institution de Newton Ahmed Barry a mené un certain nombre de réflexions qui lui permettront d’atteindre ses objectifs.

Etant mandatée par un certain nombre de structures, notamment les partis politiques de la majorité, de l’opposition et aussi la société civile, la CENI a l’obligation de rendre compte en retour à ces derniers. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette visite à la conférence épiscopale du Burkina.

Sur la question de la participation des Burkinabè de l’extérieur aux prochaines consultations, la particularité et la complexité pour la CENI résident dans le fait que la commission ne dispose pas de statistiques fiables. De même, plus de la majorité des Burkinabè de l’extérieur est concentrée dans un seul pays, la Côte d’Ivoire. En effet selon les estimations de la commission électorale, la diaspora burkinabè pourrait être chiffrée à environ 7 300 000 personnes. Ceux qui sont immatriculés dans les ambassades seraient d’environ 1 100 000 et ceux qui détiennent la carte consulaire au moins un million.

Plus de 55% des Burkinabè de l’extérieur vivent dans un seul pays, la Cote d’Ivoire. Soit environ 4 000 000 de Burkinabè. Près de 900 000 personnes du million de personnes immatriculées hors de leur pays sont en Côte d’Ivoire et 800 000 des 900 000 détenteurs de la carte consulaire, sont aussi en Côte d’Ivoire.
Le corps électoral de la diaspora burkinabè est estimé à environ 2, 5 millions dont plus d’un million en Côte d’ivoire. Ce cas serait extrêmement rare dans le monde, et représente beaucoup d’enjeux pour les politiques. Selon les visiteurs du jour, si la CENI ne devait que tenir compte de ces chiffres, elle devrait ouvrir un bureau de vote dans chaque village et dans chaque secteur de la Côte d’Ivoire. Ce qui créera un scrutin national bis.

Sur cinq millions d’électeurs inscrits sur le fichier national, environ trois millions expriment leurs choix lors des scrutins. Cela fait presqu’autant de votants à l’extérieur comme à l’intérieur du pays. Alors le vote des Burkinabè de l’extérieur peut énormément influencer les résultats des scrutins. C’est pourquoi la CENI a mené un certain nombre de réflexions pour la participation de la diaspora, prenant en compte les réalités, les enjeux, l’intérêt commun, afin qu’elle ne soit pas source de problèmes.

Pour ce qui est du fichier électoral, la CENI propose des révisions annuelles, mais aussi la mutualisation des moyens avec d’autres institutions que sont l’Office National d’Identification (ONI), les ambassades, les consulats,…pour faire des recensements réalisables à des coûts maitrisés.

Sur le budget, avec les réformes qu’elle propose, la CENI fera une économie de 20 milliards sur le cycle et encore d’autres économies sur les cycles prochains. 
Monseigneur Paul Ouédraogo, président de la conférence épiscopale, se dit heureux de la démarche de Newton Ahmed Barry, président de la CENI et de sa délégation. Il pense que les réformes envisagées ne doivent pas faire fi des contraintes techniques et elles doivent refléter au mieux le choix des électeurs. Il affirme aussi la disponibilité de la Conférence épiscopale, à chaque fois que le besoin se fera, pour apporter les appuis, conseils et suggestions à la CENI. La CENI qui dit par ailleurs être prête pour la reprise des élections municipales dans les communes où le scrutin avait été perturbé, et n’attendrait que la décision du gouvernement.

Youmali Koanari(Stagiaire)
Lefaso.net